Prix Jean Jerphagnon Prix Jean Jerphagnon

Que sont-ils devenus ?

NICOLAS TREPS, Lauréat 2013

CO-FONDATEUR DE LA SOCIETE CAILABS, ET LAUREAT DU PRIX JEAN JERPHAGNON 2013, NICOLAS TREPS RACONTE CE QU'IL S'EST PASSE DEPUIS...

Nicolas Treps (Laboratoire Kastier Brossel, Université Pierre et Marie Curie, ENS, CNRS) a crée la société CAILabs, suite à des recherches menées en imagerie quantique, pour proposer des multiplexeurs spatiaux pour les télécommunications et développer des solutions de mise en forme de la lumière pour d'autres domaines industriels comme le traitement des métaux ou les lasers très haute puissance.

Pour ses travaux et surtout pour la création de la société CAILABS spécialisée en imagerie classique destinée aux télécoms, Nicolas Treps s'est vu remettre le Prix Jean-Jerphagnon en 2013.

Qu'en est-il depuis ?


1. Pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs de vos travaux de recherche ? 

En plus d’être professeur au sein de la Faculté de physique de l'Université Pierre et Marie Curie, je m’investis dans les activités de CAILabs en qualité de conseiller scientifique. Cependant, à l’heure actuelle, les travaux de recherche que je mène au sein de mon laboratoire de sont pas lié directement à CAILabs. Au sein de CAILabs, nos énergies sont dévolues au développement économique de l’entreprise et au perfectionnement de notre produit oeuvrant à présent dans l’imagerie classique à destination des télécoms. Mon activité de professeur me permet d’être en laboratoire et de sans cesse chercher, tester, approuver.
 
2. Que vous a apporté le Prix Jean-Jerphagnon ?
 
Ce qu'apporte le prix Jerphagnon est à la fois une reconnaissance et une carte de visite. La reconnaissance est importante, car elle signifie que les choix effectués pour réussir un transfert de technologie, tout en gardant de mon côté mon activité principale de professeur à l'UPMC ont été les bons. C'est donc un signal très important pour notre communauté : il ne faut pas hésiter à créer une entreprise, et surtout il ne faut pas hésiter à en donner toutes les clés à quelqu'un qui en fait son projet et qui en a les compétences. D'un autre côté, bien entendu, le prix est une carte de visite très importante qui permet d'approcher dans les meilleures conditions des financeurs, privés ou institutionnels.
 
Par ailleurs, le président de CAILabs, Jean-François Morizur, s’est vu récemment décerné le Prix Jeune Ingénieur Créateur par la fondation Norbert Ségard, qui récompense des projets de création d’entreprises portant sur des thématiques innovantes pour des applications concrètes dans l’industrie, les services, et répondant à de grands enjeux sociétaux.
 
3.Avez-vous des projets à plus long terme ?
 
Bien que pour le moment notre activité de recherche liée à CAILabs soit moins intense, il n’empêche que nous comptons revenir sur l’optique fondamentale à partir de nos produits développés eux même sur une base d’optique quantique. Ce retour à la physique fondamentale est une nécessité pour mieux répondre aux enjeux posés par la fibre optique. Il s’agit par ailleurs d’appliquer notre dispositif de laboratoire en vue d’une application miniaturisée. Pour mener à bien cela, nous serons en mesure de recruter un(e) doctorant(e) sur CIFRE.
 
A ce jour, CAILabs compte 9 salariés et un conseiller scientifique. Nous sommes en phase de développement et avons réalisé déjà quelques ventes significatives avec des clients prestigieux. Nous comptons Alcatel-Lucent, très satisfait de notre produit appliqué à la transmission par fibre optique.

Consulter le Communiqué de presse relatif à cette attribution du Prix en 2013


Emmanuel Fort, Lauréat 2012

LANCEMENT DE LA CHAIRE AXA-ESPCI EN IMAGERIE BIOMEDICALE

Emmanuel Fort, lauréat du prix Jean Jerphagnon en 2012 pour son projet SelfPhase sur le secteur de la microscopie optique pour la biologie, est aujourd'hui identifié par la communauté scientifique internationale comme l'un des espoirs de la jeune génération notamment grâce aux travaux effectués dans le cadre de la Chaire Axa-Espci.


Hébergée au sein de l'Institut Langevin "Ondes & Images" de l'ESPCI ParisTech, cette chaire en imagerie biomédicale est portée par le professeur Emmanuel Fort, l’un des grands spécialistes de l’interaction onde-matière. L’objectif de la chaire est de contribuer à une meilleure détection et représentation des organes, vaisseaux et tissus humains et d’ouvrir la voie à des chirurgies et thérapies moins invasives et traumatisantes pour les patients. Ce programme scientifique innovant financé par le Fonds AXA pour la Recherche, initiative internationale de mécénat scientifique du groupe mondial d’assurance AXA, s’ajoute aux 38 millions d’euros accordés depuis 2007 en soutien à la recherche fondamentale internationale dans la santé.

La médecine de demain nous permettra-t-elle de livrer des batailles à distance contre les maladies cardiovasculaires, cancéreuses et neurologiques? 

Depuis la détection, jusqu’aux traitements, en passant par le diagnostic, la recherche scientifique d’aujourd’hui est sans cesse en quête d’outils nouveaux et plus performants afin d’améliorer la prise en charge des patients. Or, cette dernière est étroitement liée à la capacité, pour les acteurs de la santé, à bien visualiser organes, tissus humains et vaisseaux, vecteurs de traitements thérapeutiques. Les progrès de l’imagerie biomédicale, qui permettent une meilleure représentation et détection des tissus et masses problématiques dans l’organisme, permettront de recourir, à l’avenir, à des chirurgies et thérapies moins invasives et traumatisantes pour les patients.

Les travaux d’Emmanuel Fort, porteur de la Chaire AXA-ESPCI, sont au cœur de ces problématiques, au carrefour de la recherche fondamentale en physique et de l’innovation technologique. Cet ingénieur diplômé de Télécom ParisTech et docteur de l’École polytechnique est nommé Maître de Conférences de l’université Paris-Diderot en 2000 et a rejoint l'Institut Langevin (lauréat des labels Laboratoire et Equipement d’Excellence) de l'ESPCI ParisTech en 2010. Il s’intéresse aux interactions onde-matière et aux techniques d’imagerie et de détection optique innovantes pour des applications biomédicales, en diagnostic et en thérapie (de l’optique à la photonique en passant par les ultrasons et la fluorescence). Une autre partie de ses activités est plus fondamentale et concerne les analogies entre systèmes quantiques et classiques.

Grâce à la dotation de la Chaire AXA, les travaux de recherche du Professeur Fort permettront d’affiner les diagnostics et traitements thérapeutiques in-vivo, non invasifs mais aussi de développer les opérations de biopsie virtuelle. Il a également prévu d’étudier les risques et avantages de l’usage thérapeutique de nanoparticules et participe d’ores et déjà à plusieurs collaborations nationales et internationales, notamment avec le MIT et l’Université de Singapour.

Au-delà de la valeur scientifique des travaux d’Emmanuel Fort (une cinquantaine d’articles scientifiques publiés à l’heure actuelle), le caractère innovant de ces recherches lui a permis de déposer plusieurs brevets internationaux. Lauréat du prix Diderot-Innovation (2009) et du prix Jean-Jerphagnon (2012), ce jeune chercheur est identifié par la communauté scientifique internationale comme l’un des espoirs de la jeune génération. 

Pour en savoir plus > Article du Fonds AXA Research


FREDERIC DRUON, laureat 2011

LE COMPAS DANS L'OEIL !

Frédéric Druon, lauréat du prix Jean Jerphagnon en 2011 pour son projet de «Laser 1.6?m fs pour chirurgie de la cornée», s’est senti pousser des ailes. La fibre entrepreneuriale qui l’anime lui a permis de passer à l’action. Nous l’avons interviewé pour en savoir plus.

Faire de la science et du marketing ! Ce n’est pas incompatible pour Frédéric Druon. Cet homme, débordant d’énergie, est intarissable lorsqu’il s’agit de parler de son projet de laser à 1.6?m, de son équipe, de son labo commun et du partenariat avec Amplitude Systèmes.

Q/ Vous aviez envisagé un transfert de technologie avec Amplitude Systemes. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette entreprise ?

R/ Amplitude Systèmes est effectivement l’entreprise vers laquelle nous avons transféré notre technologie de laser à 1.6?m et avec laquelle nous travaillons encore aujourd’hui très étroitement pour développer la source laser qui en découle. L’objectif de cette source laser est de pouvoir pratiquer des découpes de cornées très précises en chirurgie réfractive pour le remplacement de cornées malades lors d’une greffe. Aujourd’hui, il existe déjà une technique connue sous le nom de « lasik » qui permet de faire des découpes de cornées en chirurgie dite « de confort » (correction de la myopie par exemple). Mais aucune découpe très précise n’est possible pour des pathologies de la cornée importantes.

C’est pourquoi nous avons formé un consortium avec des médecins, des laboratoires mais également une entreprise, Amplitudes Systèmes, pour aller plus loin dans la précision de la découpe. Amplitude Systèmes, située à proximité du campus universitaire de Bordeaux, développe et produit des lasers à impulsions brèves de nouvelle génération et s'appuie sur des matériaux laser et des technologies optiques sophistiquées. Cette entreprise dispose de toute la connaissance du marché mais également de l’écosystème qui l’entoure ; c’était donc une bonne opération pour développer notre technique dans un contexte déjà armé.

Par ailleurs, suite au transfert de la technologie, Amplitude Systèmes a embauché le doctorant qui travaillait au sein de notre équipe de recherche en tant qu’ingénieur dans leur propre laboratoire. Grâce à cette embauche et grâce au Laboratoire Commun que nous avons créé avec cette même entreprise, nous pouvons aujourd’hui effectuer les transferts de technologies sur les lasers à fibre plus efficacement vers Amplitude Systemes.


Q/ Lorsqu’on vous écoute parler, il semble que les choses n’aient pas beaucoup évolué depuis la remise du prix Jean Jerphagnon ?

R/ Je ne suis pas d’accord avec vous. Amplitude Systèmes a développé un nouveau produit qui est dérivé de notre technique. Ce produit vient de remporter le Prism Award du Photonics West 2012. Ce prix est un concours international qui récompense des produits innovants, qui se démarquent des idées conventionnelles. Le laser à fibre « Satsuma » a été reconnu comme meilleur laser industriel de l'année, lors d'une cérémonie à San Francisco le 25 Janvier 2012.

Ce produit dérivé des techniques développées dans notre laboratoire de recherche est un laser à fibre femtoseconde compact à 1 ?m, qui délivre des impulsions ultrabrèves, le tout dans un boitier compact, de haute stabilité. C’est pour nous une belle leçon d’optimisme qui laisse imaginer un avenir possible pour notre technologie avancée à 1.6 ?m car, aujourd’hui, des contraintes très fortes en matière de process d’industrialisation ne nous permettent pas de sortir un produit avec une source laser à 1.6 µm. Il y a encore beaucoup d’étapes à franchir avant cela.

Q/ Le prix Jean Jerphagnon a-t-il vraiment eu un impact dans l’avancement de votre projet ?

R/ Indéniablement. Le prix Jean Jerphagnon a été un élément déclencheur. L’aura et la crédibilité dont nous avons bénéficié grâce à ce pris nous a ouvert des portes : nous avons eu l’opportunité de participer à des congrès de spécialistes et nous avons pu aquérir une visibilité auprès d’intégrateurs du marché de la greffe de cornée qui à terme pourraient s’intéresser à notre produit.

Mais le prix Jean Jerphagnon n’aura pas été le seul moteur du projet. Je tiens à mentionner le Professeur Jean-Marc Legeais, chirurgien ophtalmologiste à l' Hôtel-Dieu et Eric Mottay, PDG de la société Amplitude Systemes qui m’ont toujours manifesté un soutien sans faille, mais également le docteur Karsten Plamann qui a coordonné le projet initial et qui nous a permis de décrocher le premier financement de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR).


Q/ Quelles sont les prochaines étapes dont vous parliez précédemment ?

R/ Comme vous l’avez compris, le transfert de la technologie est toujours en cours mais les contraintes en termes de process d’industrialisation sont très fortes. Lorsque nous aurons finalisé le process, il restera l’étape longue et difficile de trouver l’intégrateur qui acceptera de modifier ses machines pour intégrer notre nouvelle source laser. Si nous réussissons à franchir cette étape, il faudra calibrer les nouvelles machines, c’est-à-dire refaire des tests sur des cornées ex vivo pour ensuite faire les tests cliniques nécessaires.
Aujourd’hui, la frustration est à son comble certes car le laser n’est pas encore disponible dans les hôpitaux. Il est très difficile d’obtenir une place sur le marché biomédical. Il faut fiabiliser certains clients potentiels notamment via des produits intermédiaires comme le « Satsuma ». C’est aussi pour cette raison que nous avons fait le choix de travailler avec Amplitude Systèmes qui est très bien implanté sur le marché et qui va nous soutenir dans les démarches auprès des intégrateurs.

Pour en savoir plus > Amplitude Systèmes


LAURENT COGNET, laureat 2010

Le 2 décembre 2010, Laurent Cognet, directeur de Recherche au CNRS de Bordeaux, a obtenu le Prix Jean Jerphagnon pour son projet intitulé « Immuquant ». Qu’en est-il depuis cette distinction ? Nous l’avons rencontré afin de faire le point sur ses travaux de recherche.

Une nouvelle méthode de détection des cellules cancéreuses

Q/ Lors de la remise du prix Jean Jerphagnon en 2010, vous étiez en phase de tests sur des échantillons biologiques. Il semble que les choses n’aient pas beaucoup avancé. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

R/ Ce n’est pas exactement le cas. Depuis la remise du prix, j’ai rejoint en 2011 le Laboratoire Photonique Numérique et Nanosciences (LP2N) de l’Institut d'Optique sur l’Université de Bordeaux qui a ouvert ses portes le 1er janvier de cette même année et j’ai pris la direction de la thématique « optique et biologie » qui se consacre au développement de nouvelles approches de nano-imagerie et à leurs applications dans divers domaines de la biophysique et de la biologie. Pour ce faire, un double partenariat a été mis en place avec l’entreprise de biotechnologies bordelaise Fluofarma, spécialisée dans le criblage cellulaire à haut débit, et l’unité de l’INSERM qui travaille sur la validation et l’identification de nouvelles cibles en oncologie de l’Institut Bergonié, Centre Régional de Lutte contre le Cancer de Bordeaux.

Cela est d’abord passé par la recherche de moyens pour financer ces recherches coûteuses. Ces moyens ont été obtenus au début de cette année via le projet TootiQuanti financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Par ailleurs, le développement de nouvelles méthodes dans un contexte biomédical impose de longs délais de validation du fait de la sensibilité des thèmes traités. Nous sommes actuellement dans cette étape cruciale. Outre la validation de la méthode sur des échantillons cliniques, nous travaillons d’ores et déjà à la mise au point de microscopes et prototypes qui devraient permettre de diffuser notre approche au plus vite, que ce soit sous la forme d’un service ou de la dissémination d’instruments légers.

Q/ Pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs de vos travaux de recherche ?

R/ La méthode proposée est fondée sur la microscopie photo-thermique que nous cherchons à utiliser pour détecter et mesurer quantitativement des objets de taille nanométrique dans une cellule, et notamment des protéines dans une cellule cancéreuse. Par conséquent, l’objectif de ce projet est de fournir un nouvel outil de diagnostic médical utilisant la détection de nanoparticules d’or et permettant de révéler la présence de cellules cancéreuses dans des échantillons prélevés sur des patients par biopsie. Des tests sur des échantillons biologiques humains (tissus prélevés) sont en cours de réalisation pour valider cette approche qui pourrait, à terme, remplacer les méthodes de diagnostic actuelles basées sur la fluorescence.
Aujourd’hui, la méthode vise d’abord le diagnostic médical, mais pourrait aussi être utilisée comme une aide à l’orientation thérapeutique (tests de médicaments individualisés) et pour le criblage de nouveaux médicaments.


Q/ Le Prix Jean Jerphagnon a t-il contribué à l’avancée de vos travaux ?

R/ Il est indéniable que le Prix Jerphagnon a eu un effet de levier considérable. L’obtention de cette distinction, à grande valeur scientifique, a permis d’être retenu et d’obtenir un financement dans le cadre d’un appel à projets de la recherche partenariale et innovation biomédicale (RPIB) de l’ANR. En effet, L’ANR finance des projets de recherche partenariaux dans le but de soutenir les communautés scientifiques et industrielles dans le domaine de la santé, d’encourager la recherche sur les maladies communes et les maladies rares et de développer de nouvelles approches thérapeutiques et d’outils diagnostiques. Ce soutien nous permet actuellement de financer les tests sur tumeurs évoqués précédemment et de mettre au point les premiers prototypes. La feuille de route envisagée initialement est donc tout à fait poursuivie.

Q/ Avez-vous des projets à plus long terme ?

R/ Le but à plus longue échéance est de diffuser notre méthode pour l’aide au diagnostique du cancer. Cela pourrait se faire, via la création d’une entreprise qui commercialiserait des appareils de type microscopes spécialisés dans la détection de biomolécules pour l’aide au diagnostique et à la thérapie individualisée en cancérologie mais aussi pour l’industrie pharmaceutique. Tous ces marchés sont clairement dotés d’un très fort potentiel. Mais avant tout, nous espérons démontrer que notre approche soit suffisamment efficace pour contribuer au diagnostique précoce et à la prise en charge efficace de nombreux cancers qui se déclarent chaque année.

Interview réalisé par Virginie Boisgontier, Systematic-Paris-Region


Phillipe bouyer, laureat 2009

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

Après avoir reçu le prix Jean Jerphagnon en 2009 pour son projet MINIATOM, Philippe Bouyer part enseigner 18 mois à Stanford aux Etats-Unis. Et c’est là que tout commence !

Directeur de recherche au CNRS, responsable du Laboratoire Photonique Numérique et Nanosciences (LP2N) de l’Institut d’Optique Graduate School (IOGS) à Bordeaux, titulaire d’une chaire d’excellence à Bordeaux, cofondateur de la startup de haute technologie µQuanS ! Philippe Bouyer n’a de cesse de mettre sa créativité au service de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Le succès d’µQuanS

µQuanS, c’est l’histoire de 3 hommes : Philippe Bouyer, Arnaud Landragin et Bruno Desruelle. C’est l’association du monde de la recherche académique au travers de Philippe Bouyer et d’Arnaud Landragin, titulaires de nombreux prix d’excellence en physique, et du monde industriel au travers de Bruno Desruelle. Tous trois se sont lancés dans l’aventure de la création d’entreprise et µQuanS a vu le jour en avril 2011.
Lauréats du concours d’aide à la création d’entreprise de technologies innovantes en 2011 puis en 2012, ils ont également bénéficié de l’expérience et du soutien de nombreux acteurs comme le pôle de compétitivité « route des lasers », la plateforme technologique ALPHANOV, la Région Aquitaine, ainsi que le technopole de l’Université de Bordeaux.

Aujourd’hui, outre son métier de chercheur, Philippe Bouyer exerce un rôle de consultation scientifique au sein de l’entreprise. Il est membre du comité stratégique et donne son avis d’expert sur les orientations stratégiques. L’entreprise est un véritable succès puisqu’elle compte 6 salariés ; le premier produit est sur le point d’être commercialisé (une première commande est déjà signée). Et un second produit est en développement. Ces deux produits s’adressent à des marchés bien spécifiques, qui vont de l’étude du sous-sol à la navigation, en passant par la prospection de ressources naturelles ou la synchronisation d’infrastructures de télécommunication.

L’opportunité de l’Institut d’Optique d’Aquitaine : formation, innovation, recherche et entrepreneuriat


L’arrivée de Philippe Bouyer à Bordeaux et le lancement de l’Institut d’Optique d’Aquitaine ont eu lieu à la même période soit en janvier 2011. La recherche en optique est la clé de voûte de la région Aquitaine : depuis le laser Mégajoule, les recherches sur les lasers et la médecine ou sur la réalité virtuelle et augmentée, de nombreux acteurs de premier plan sont présents sur le campus de l’Université de Bordeaux, notamment grâce à des équipes de recherches mixtes avec le CNRS. L’Institut d’Optique d’Aquitaine doit renforcer cette excellence en offrant une structure de formation, de recherche et de valorisation. Ainsi il a fait le choix d’héberger une antenne de l’Institut d’Optique Graduate School (IOGS), combinant la formation d’ingénieur, le Laboratoire Photonique Numérique et Nanosciences (LP2N) dirigé par Philippe Bouyer lui-même, et une extension de la Filière Innovation Entrepreneurs (FIE).

Outre ces espaces d’enseignement et de recherche, l’Institut d’Optique d’Aquitaine accueillera également la plateforme technologique ALPHANOV, prolongeant ainsi les liens étroits entretenus au sein de cet écosystème, entre formation, recherche et innovation et offrant un véritable plateau technique, étape cruciale dans le transfert technologique.

Un équipement d’excellence : MIGA

Dans le cadre de ses travaux de recherche, Philippe Bouyer a également initié le projet MIGA, prototype d’interféromètre pour l'observation du champ gravitationnel de la Terre. Installée à Rustrel dans le Vaucluse, il s’agit d'une infrastructure nouvelle qui permettra aux géophysiciens de mieux comprendre les variations du champ de gravité terrestre. Les résultats de ces recherches permettront d’améliorer les prédictions des aléas sismiques, et d’anticiper leurs conséquences et les mesures à prendre dans le but de sauver des vies ou protéger des infrastructures critiques. Ce projet regroupe 18 partenaires académiques et industriels, dont µQuanS et ALPHANOV.

MIGA est la première étape pour un projet plus ambitieux qui pourrait conduire à une future infrastructure européenne de détecteur d’ondes gravitationnelles. Le développement, l'exploitation scientifique et la mise en œuvre technique de cette première version de l'antenne gravitationnelle ouvrira la voie à une version plus sensible qui profitera des avancées de la recherche actuelle. Ce projet est unique au monde et positionne la France et l'Europe à la pointe de l’instrumentation dans le domaine.

Pour en savoir plus > Site personnel de Philippe Bouyer

nathalie picque, laureate 2008

Nathalie Picqué, chercheur à l’ISMO, actuellement à la tête d’une équipe au Max Planck Institute of Quantum Optics de Munich, a reçu le prix Coblentz pour ses travaux sur l’utilisation des peignes de fréquences en spectroscopie moléculaire par transformée de Fourier. Le prix Coblentz est décerné chaque année à un jeune spectroscopiste (moins de 40 ans) dont les travaux sont pionniers. En savoir plus sur le prix Coblentz

Nathalie Picqué a également reçu le Prix Beller de l’American Physical Society en 2010.
Cette distinction est attribuée par l’American Physical Society (APS) aux chercheurs non américains à la carrière scientifique exceptionnelle.
Nathalie Picqué est la première femme française à recevoir ce prix, après les trois physiciens français Serge Haroche en 1996, Pierre Gilles de Gennes en 2006 et Michel Dyakonov en 2009.
Les travaux de Nathalie Picqué portent sur les sources lasers peignes de fréquences femtosecondes et leurs applications en physique moléculaire. En savoir plus sur le Prix Beller

Nathalie Picqué a notamment écrit plusieurs thèses > En savoir plus